
Pourquoi parler de pêche durable aujourd’hui ?
On ne va pas noyer le poisson : oui, choisir ce qu’on met dans notre assiette, c’est choisir directement l’avenir des océans. Alors autant ne pas rester muet comme une carpe face à la nécessité de protéger la biodiversité marine.
Selon l’IPBES (la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques), en 2021, 87 % des espaces marins mondiaux subissaient déjà une pression humaine importante.
Parmi les principales responsables : les pratiques intensives de pêche industrielle, qui déséquilibrent profondément les écosystèmes marins.
Et au vu de notre consommation collective et de la façon dont on continue souvent à exploiter les ressources marines comme si elles étaient inépuisables, ce chiffre ne cesse d’augmenter.
En 1974, 10 % des stocks mondiaux de poissons étaient surexploités. En 2021, on est passé à 37,7 %, sans signe de ralentissement, selon la Food and Agriculture Organization. Soit une hausse de près de 280 % en moins de cinquante ans.
Vous pensez, vous aussi, qu’il est temps de faire bouger les lignes à l’échelle collective ?
La biodiversité marine est (déjà) sous pression
Si, pour beaucoup d’entre nous, la mer reste synonyme de ressources abondantes, c’est aussi parce que l’impact des pratiques de pêche est longtemps resté invisible.
Or, une grande partie des techniques aujourd’hui utilisées sont dites intensives, c’est-à-dire qu’elles visent à maximiser les volumes capturés en un minimum de temps, souvent au détriment des écosystèmes marins.

Certaines techniques de pêche sont particulièrement destructrices. Le chalutage profond, par exemple, racle les fonds marins avec un lourd filet lesté, détruisant coraux, éponges et habitats essentiels à la vie marine.
La pêche au filet dérivant, surnommée « mur de la mort », consiste quant à elle à tendre d’immenses filets en pleine mer, sur lesquels viennent se prendre sans distinction poissons ciblés et espèces protégées (dauphins, tortues, requins…).
Bien que interdite depuis 1989 par les Nations Unies dans les eaux internationales, cette pratique continue pourtant d’exister, notamment en Méditerranée.
La pêche durable face aux alertes scientifiques
Ces pratiques de pêche industrielle ne se contentent pas de prélever des poissons : elles détruisent les habitats marins, dérèglent les équilibres écologiques et menacent directement les espèces qui y vivent.
Résultat : un affaiblissement progressif des populations et une capacité de renouvellement de plus en plus compromise.
Comme le souligne le rapport Nexus de l’IPBES (2024), qui établit un lien clair entre la pêche et la perte de biodiversité : « de nombreux systèmes marins ont été surexploités et dégradés par les activités humaines, entraînant un déclin des contributions de la nature aux populations humaines ».
Ce que la pêche durable change pour l’alimentation
La biodiversité marine n’est pas le seul enjeu de la pêche durable. Il y a aussi celui, tout aussi essentiel, de la sécurité alimentaire.
Car chaque poisson pêché avec discernement contribue à préserver des écosystèmes sains, une condition indispensable à la survie des espèces… comme à la nôtre.
Opter pour une pêche responsable, ce n’est donc pas uniquement protéger les océans, c’est aussi préserver ce que l’on met dans nos assiettes, aujourd’hui comme demain.
De la biodiversité marine à la biodiversité alimentaire
Ce qui vit en mer ne nourrit pas seulement nos assiettes. Ça façonne aussi nos régimes, nos cultures culinaires, nos économies locales.
Moins de diversité en mer, c’est moins de liberté dans nos cuisines (et plus de dépendance à une poignée d’espèces élevées ou pêchées à l’échelle industrielle).
Et si vos collaborateur·rices profitaient de recettes aussi engagées que savoureuses à la pause déjeuner ?
Les 6 critères essentiels pour reconnaître une pêche (vraiment) durable
La durabilité d’un produit de la mer ne se résume pas à une étiquette : elle repose sur un faisceau d’informations souvent invisibles pour les consommateur·rices, mais déterminantes pour les écosystèmes marins.
1. La zone d’origine
Qu’il soit pêché ou élevé, un poisson durable provient d’une zone géographique précisément identifiée. Cette transparence permet de vérifier l’état des stocks dans la zone concernée et d’éviter les prélèvements dans des milieux déjà fragilisés.
2. L’état du stock
Un “stock”, selon l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer), désigne la portion exploitable d’une population de poissons dans une zone donnée. Il exclut les œufs, les larves et les jeunes individus encore trop petits pour être capturés.
Un stock est considéré comme sain lorsqu’il peut se renouveler naturellement. Un stock en bonne santé, c’est un stock qui se renouvelle naturellement. Mais quand on prélève plus vite que la nature ne peut régénérer (autrement dit, en cas de surexploitation), le déséquilibre s’installe et il devient de plus en plus difficile à rattraper.
3. La méthode de pêche
Toutes les techniques de pêche ne se valent pas. La pêche à la ligne, au casier ou aux filets maillants dits « passifs » est plus sélective : elle cible mieux les espèces recherchées, limite les captures non désirées et préserve les fonds marins.
À l’inverse, les méthodes dites « actives », comme le chalutage, raclent le sol marin et capturent un grand nombre d’animaux sans distinction.
Parmi les animaux capturés, beaucoup ne sont ni recherchés ni commercialisables, parce qu’ils sont trop jeunes, ou appartiennent à des espèces protégées. Ils sont donc rejetés à la mer.
On parle de rejets : des captures accidentelles relâchées, souvent mortes ou blessées, qui fragilisent les écosystèmes sans même nourrir qui que ce soit.
Selon un rapport d’OceanCare, les chaluts de fond génèrent à eux seuls 46 % des rejets mondiaux chaque année, soit environ 4,2 millions de tonnes. Une méthode très peu sélective, qui pèse lourd sur la biodiversité marine.
Entre ces deux extrêmes, il y a un monde de conséquences, pour les espèces marines, mais aussi pour la régénération des stocks.
4. La maturité sexuelle des espèces
Un poisson pêché avant sa maturité sexuelle ne pourra pas se reproduire. C’est un point critique pour maintenir les populations à flot. Respecter cette taille minimale de capture, c’est respecter le cycle de vie de l’espèce.
5. L’élevage sous conditions strictes
Quand l’élevage est bien encadré, il peut compléter la pêche sans aggraver la pression sur les milieux. Densité modérée, durée d’élevage adaptée, alimentation responsable (sans farines issues d’espèces en danger), contrôle des traitements vétérinaires et surveillance de la qualité des eaux : autant de conditions nécessaires pour parler de durabilité.
6. La saisonnalité
Les poissons, comme les fruits et légumes, ont leurs saisons. Respecter leurs périodes de reproduction et éviter leur capture pendant ces phases sensibles, c’est leur laisser une chance de se maintenir à long terme. Ce qui permet aussi de se laisser tenter par des poissons qu’on connaît moins.
Au-delà de la pêche durable : les autres impacts environnementaux de la consommation de poisson

Choisir un poisson issu de la pêche durable est essentiel, mais ce n’est qu’une partie de l’iceberg. D’autres facteurs environnementaux influencent fortement l’impact final de notre consommation de produits de la mer.
1. Le transport
Un poisson durable, même issu d’une filière responsable, peut avoir un impact carbone élevé s’il provient de zones marines éloignées. Lorsqu’il est transporté par avion, son empreinte écologique dépasse celle d’un poisson local, capturé par des pêcheurs français.
Privilégier des produits issus des pêcheries locales, situées dans les zones maritimes françaises, permet de réduire les émissions liées au transport et de soutenir les acteurs du secteur halieutique local.
2. Le mode de conservation
Surgelés, réfrigérés, mettre en conserve… tout ça consomme de l’énergie. Et plus il y a d’étapes, plus l’empreinte carbone grimpe. Qu’on parle d’industrie ou d’artisanat, le mode de conservation pèse dans la balance environnementale. D’où l’importance de s’interroger sur l’ensemble du parcours du produit, pas seulement sur son origine.
Mieux gérer la chaîne du froid, et produire de manière raisonnée, c’est aussi ça, limiter les émissions de CO₂e.
3. Le gaspillage alimentaire
Jeter un filet de poisson, c’est gaspiller une ressource marine, ainsi que toutes les ressources énergétiques mobilisées : énergie, eau, carburant des navires, etc. L’impact écologique d’un poisson gaspillé est démultiplié par les étapes de transformation qu’il a traversées.
Lutter contre le gaspillage alimentaire, c’est aussi une forme d’engagement écologique, au cœur d’une consommation responsable. Chaque capture non valorisée pèse sur la biodiversité et fragilise les stocks halieutiques.
4. L’emballage
Même recyclables, les emballages plastiques ont un coût environnemental élevé. Les contenants réemployés réduisent la quantité de déchets marins issus de la consommation de poissons.
La réduction des emballages est essentielle pour limiter l’impact des pratiques industrielles sur les écosystèmes côtiers.
Chaque emballage évité est une pression de moins sur les fonds marins, déjà fragilisés par des techniques de pêche destructrices comme le chalutage.
5. La fréquence de consommation
Issu de pêcheries durables ou non, manger du poisson à chaque repas n’est pas soutenable. Les ressources marines sont limitées.
Réduire notre consommation de produits de la mer, diversifier les espèces consommées, intégrer des protéines végétales ou même limiter les prises ciblées sur certaines espèces commerciales soulagent très concrètement les stocks marins et protègent la diversité des espèces aquatiques.
L’aquaculture responsable et les labels environnementaux au service de la pêche durable
Lorsque les ressources naturelles ne suffisent plus à répondre à la demande mondiale, l’aquaculture peut apporter une réponse complémentaire. Mais cette activité n’est durable que si elle respecte des critères stricts de durabilité.
Cela implique :
- Des bassins peu densifiés, qui réduisent le stress des poissons et limitent les maladies infectieuses ;
- Une alimentation durable, sans farines issues d’espèces menacées ;
- Un suivi vétérinaire strict, pour éviter l’usage massif de traitements ;
- Un contrôle régulier de la qualité des eaux utilisées ;
- Des performances environnementales suivies et auditées.
Ces méthodes d’élevage permettent de limiter les pollutions marines, de réduire la pression sur les fonds océaniques et de garantir un produit de qualité, sans compromettre les équilibres écologiques.
Le label ASC, comme d’autres certifications, permet de valoriser certaines pratiques durables. Mais pour évaluer réellement l’impact environnemental d’une filière d’aquaculture, ce sont les données concrètes qui comptent : la localisation précise de l’élevage, l’espèce concernée, les méthodes utilisées, la gestion des déchets, le taux de mortalité, ainsi que la traçabilité des poissons élevés ou capturés.
Quels labels pour une pêche durable aujourd’hui ?
Difficile de s’y retrouver parmi les nombreux labels qui fleurissent autour de la pêche responsable. Voici les principaux repères et leurs limites.
Le label MSC
Le plus connu à l’échelle internationale. Il certifie que les stocks de poissons sont exploités de manière durable et que les pratiques de pêche limitent leur impact sur les écosystèmes marins.
Mais certains de ses critères sont remis en question : des techniques industrielles, comme le chalut de fond, restent compatibles avec la certification, bien que celle-ci veille à promouvoir des pratiques moins impactantes.
Le label « Pêche durable »
Créé par l’État français en 2017, c’est le premier écolabel public pour la pêche maritime. Il prend en compte l’état des stocks, l’impact sur la biodiversité et des critères sociaux.
Peu répandu pour l’instant, il reste une tentative intéressante d’encadrer la gestion des ressources halieutiques à l’échelle nationale.
Les cahiers des charges internes
En parallèle des labels, certaines filières ou conserveries appliquent leurs propres critères, parfois plus stricts. Respect de la saisonnalité, des quotas, des zones de pêche, ou de certaines espèces sensibles : ces engagements restent essentiels, surtout en l’absence de cadre homogène.
Et le bio ?
Le label bio européen concerne uniquement les poissons d’élevage, pas les poissons sauvages. Il garantit une alimentation contrôlée, l’absence d’OGM et des densités réduites dans les bassins.
Mais il ne garantit pas une empreinte faible sur l’environnement : certaines pratiques en aquaculture restent problématiques pour les fonds marins.
Une pêche durable ne peut se penser sans une restauration d’entreprise responsable. Découvrez comment réduire l’empreinte carbone de vos repas d’entreprise.
Pêche durable : comment FoodChéri s’engage dans des pratiques positives pour la biodiversité

On l’a compris : à l’heure où près de 40 % des stocks mondiaux de poissons sont surexploités d’après la FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations), la pêche ne se résume pas à ce qu’on met dans l’assiette.
Elle engage aussi la manière dont on prélève les ressources dans le vivant. Alors comment les choix de FoodChéri se traduisent-ils concrètement pour limiter l’impact environnemental sur la biodiversité marine et les écosystèmes océaniques ?
Une politique d’approvisionnement sélective
Premier ingrédient de notre engagement : le cabillaud, une espèce de poisson emblématique de la surpêche industrielle, a été retiré de notre carte en 2020.
Cette espèce marine, aujourd’hui classée comme “effondrée” dans certaines zones de pêche comme la mer du Nord, selon l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer), incarne l’urgence de repenser nos pratiques de consommation.
Mais notre engagement ne s’arrête pas à une espèce : nous limitons volontairement le nombre de plats à base de poisson à trois recettes par semaine, soit environ 8 % de notre carte hebdomadaire.
Une manière de continuer à proposer des produits de la mer, sans peser davantage sur les ressources halieutiques ni accentuer la pression sur les écosystèmes marins.
Poisson du jour : un levier de pêche durable
Quand une recette le permet, nous favorisons les poissons du jour Pavillon France. Ce choix rend possible une adaptation aux saisons de pêche, aux quotas fixés et à la disponibilité réelle des espèces dans les stocks marins.
Résultat : une plus grande diversité d’espèces cuisinées, une consommation plus raisonnée et une pression réduite sur les plus convoitées comme le thon, la lotte, ou encore certaines espèces de fonds marins capturées au chalut.
C’est aussi un moyen d’intégrer la pêche durable dans une logique de cycle naturel, plutôt que dans un modèle d’extraction standardisée, destructeur pour les fonds océaniques.
Transparence, traçabilité et exigences renforcées
FoodChéri ne se contente pas du minimum légal. Nous demandons à nos fournisseurs des garanties précises, allant de la zone de capture au type de techniques de pêche employées : filets passifs, pêche à la ligne, casiers… en passant par la densité des élevages, la qualité de l’eau et le type d’alimentation utilisée (sans farine issue d’espèces menacées).
Ce niveau d’exigence, supérieur à la norme, permet de faire des choix responsables et éclairés, en phase avec les enjeux actuels de durabilité : il s’agit de protéger les espèces marines, de préserver les pratiques durables, d’éviter les prises accessoires et de respecter les cycles naturels des ressources marines.
Comment soutenir la pêche durable ?
La transition vers une alimentation plus respectueuse de la mer ne peut pas reposer uniquement sur les pêcheurs ou les entreprises du secteur maritime.
Elle dépend aussi de gestes simples, à notre portée : varier les espèces de poissons que l’on consomme, s’interroger sur l’origine géographique d’un produit de la mer, se poser des questions sur les techniques utilisées (filets, chaluts, sennes, pratiques intensives ou sélectives).
Ces petits réflexes de consommation, répétés à grande échelle, ont un impact environnemental réel et surtout un (vrai) pouvoir de transformation.
Chez FoodChéri, chaque plat est conçu avec cette attention : proposer une cuisine responsable, sans transiger sur l’impact écologique.
On ne prétend pas tout changer, mais on avance. Plat après plat.
Alors vous embarquez ?
En réduisant la pression sur les espèces les plus fragilisées. En rendant visibles les choix qu’on fait et ceux qu’on refuse. C’est aussi notre manière de faire vivre la pêche durable, concrètement, dans nos recettes du quotidien :
- en limitant les captures inutiles et les techniques destructrices,
- en soutenant des pêcheries françaises ou certifiées,
- en diversifiant les espèces de poissons,
- en favorisant des pratiques de pêche sélective,
- en valorisant une gestion durable des stocks marins,
- en intégrant les enjeux de biodiversité, de qualité des eaux et de traçabilité.
Notre manière de rappeler que préserver le vivant ne relève pas de l’exploit individuel, mais d’une volonté collective, construite geste après geste.
Et surtout que si une goutte d’eau, prise seule, ne change pas le courant, des milliers de gestes alignés, répétés chaque jour, peuvent infléchir toute une trajectoire.
Si vous pensez, vous aussi, qu’on peut cuisiner autrement, alors il reste de la place à bord.



